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_ 07/05/2010
_ par Daylon

Au fil à linge

Une série d'épingles à linge

Nous pourrions dire "ce jour-là" mais ce serait faux : la scène est hors du temps, stabilisée et calme, cohérente de ses couleurs. Nous pourrions parler d'une composition ancienne mais les éléments qui la structure trahissent une époque, renient du moins tout ce qui les précède ; ils fixent un point et des vies autour d'eux, se cristallisent avant de trouver le repos.

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_ 01/03/2010
_ par Daylon

Prêts à l'emploi

Préfabs

À les traverser, ces zones du village nous paraissent incomplètes. Bâtiments préfabriqués, toits de tôles, zones de travaux et tranchées encore ouvertes. Des gens travaillent pourtant ici ; depuis des années. Au milieu ou à l'intérieur même des éléments montés à la hâte, près d'arbres dont on a oublié d'achever le feuillage.

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_ 25/02/2010
_ in Photography
Filed under :
countryside
eos350d
_ par Daylon

Augures

Lisière de bois, barbelés, ciel épais

Ce seront des terres que tu ne traverseras pas, des prairies localement congelées. Tes pieds s'enfonceront dans la boue et les arbres te retiendront, ils essaieront, leurs mains et tellement de doigts rigides griffant ta peau, tes joues ; secs, noueux, ces doigts pris dans les vêtements et tu t'acharneras à marcher, les ignorer ou t'en arracher.
La nature carbonisée t'avait pourtant prévenue : tu enjamberas les barbelés, couperas les grillages, renverseras les piquets de bois ; la terre gondolée laissée à l'abandon, de l'eau grise dans les creux, tes pas dans les flaques, le plomb au-dessus de ta tête pèsera lourd. Tous de te retenir, t'empêcher de voir de l'autre coté. Elles te le promettent. Ne jamais les atteindre.

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_ 23/02/2010
_ par Daylon

L'écorce et la grille

On me demande : est-ce bien pour nous protéger ? Nous sommes stoppés au bord de la route, l'étroite langue de bitume usé par les saisons, les bas-cotés boueux et les dernières congères rassemblés à l'ombre. On me montre le crépuscule fuyant, le ciel volcanique et la trop rare pointe de civilisation visible entre les chairs du bocage.
On s'égare, on hésite.

Quant à moi, je ne vois que les lignes, les segments sombres et leurs contrepoints clairs, les lignes croisées à angle droit ; les parallèles des arbres ou les parallèles de verdure. Je ne vois que la géométrie et l'étrange émanation triste du paysage.

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La glaciation 6, les sillons

La glaciation (post) - les sillons

« Oh, bien sûr, ce n'est pas encore le printemps. »
Derrière des kilomètres d'azote se profilent le chef de nouveaux cargos de neige ; des nuages très haut hissés sur l'horizon, têtes et épaules, mais ils sont encore loin, peut-être qu'ils nous contourneront de guerre lasse.
Les arbres sont découpés dans l'atmosphère, devant eux, les cargos ; les arbres en figures simples, presque de la déco pour intérieur chic. La neige élégante habille le creux des sillons enfin mis à nus, la glace sera bientôt un faible souvenir. Les sillons déjà verts et la nature prête à reconquérir.

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_ 15/02/2010
_ par Daylon

La glaciation 5, toundra

La glaciation 4 - Toundra

« Je la vois comme une phase terminale. Non. Une rémission. »
Ça me fait rire, mais je ne suis pas sûr d'avoir le cœur à la joie. Pas tout de suite. Elle le comprend, elle insiste :
« Je sais comment tu définirais la dernière glaciation.
— Ah oui ?
— Blank. C'est tout. Tu dirais : blank. »

L'air est piquant, vif, mais ce sont de vraies couleurs qui émergent encore timide. Les spots autour du terrain semblent fiers. L'ambiance tient à très peu de choses.
Ce n'est pas encore fini, ajoute-t-elle. Ce n'était qu'une apnée.
Le mouvement reprend. Les particules suspendues retrouve un état d'animation. Ce sont ses mots. Je n'ajoute rien.

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_ 10/02/2010
_ par Daylon

La glaciation 4, un nuancier de blancs

La glaciation 4 - un nuancier de blancs

Elle vient se dissimuler dans l'ombre, inquiète. La vôute limpide se montre garante du froid, mais le gel se méfie, recule vers l'ombre. De la saleté se révèle, le blanc est celui des murs, celui des matériaux humains ; la glace cherche les angles, recule encore.

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_ 05/02/2010
_ par Daylon

La glaciation 3, banquise

La glaciation 3 - La banquise

La banquise commença à refluer, la neige réduite en archipels compacts ; le sol enfin révélé mais couvert d'une pellicule glacée, invisible, traître, mais toujours bleue : sa beauté vient la trahir. Le bitume y semblait piégé, sous le gloss, piégée par la banquise affaiblie mais toujours dominante. Ces couleurs si intenses qu'elles nous forcent à détourner le regard.
Mais, heure après heure, gagner des mètres carrés autrefois perdus que l'on mesure au nombre régulier des marquages.

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_ 03/02/2010
_ par Daylon

La glaciation 2

La glaciation 2 - La salle

Ici aussi, le monde est blanc, mais la glace moins épaisse, blessée là où passent certaines machines.
Des plaies ouvertes, des tissus déchirés bleu nuit, des cicatrices molles parfois grises. L'hégémonie imparfaite de l'hiver.

On découvre une figure humaine pratiquement hors cadre. Il faut bien chercher pour l'apercevoir, encore qu'elle demeure silencieuse, distante et anonyme. Elle n'a d'autre valeur que l'indice, la possibilité de créatures au sang chaud, quelque part, survivant malgré la glaciation brutale.

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_ 01/02/2010
_ par Daylon

La glaciation 1

La glaciation 1 - La cage

On la comparait à un désert. La campagne était rase, décharnée ; l'écorce nue des arbres laissés pour morts violait l'uniformité du paysage. On en venait aux mêmes constatations avec les bâtiments, les rues, les quartiers qu'on qualifiait "de vie" : vides, géométriques et couverts de neige, si bleu qu'on pouvait en avoir mal aux yeux ; le teint azoté pour toute chose, tout décor, du bleu écrasant.

Le monde était calme dans l'abandon. Et pourtant, on ne pouvait y croire, on ne pouvait ignorer ces quelques empreintes laissées dans la neige.

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