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Accordée avec une certaine perfection climatique, malgré un bord de toiture aliasé et le repli progressif de son architecture, la rue semblait plaire au regard paresseux du touriste.
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La barrière protégeait vainement le béton nu d’une eau trop verte, le béton ne bougeait pas. Et lui, au-delà, gris froid tout juste dégrossi, protégeait les curieux immeubles d’habitations de pencher autre chose que leurs dernières fenêtres au-dessus du parapet ; protégeait du petit bassin d’eau verte plus accessible que l’atmosphère azotée.
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Peu avant la fermeture et perçue d’entre les stores, la piscine présentait dans son seize-neuvième un certain décor de cinéma.
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Les motifs se répètent: l’instabilité des verticales, les habitudes, les arrangements de couleur reproduits à l’inverse, la clarté en découpe à quelques mètres des ouvertures annexées par les touristes. Le crépuscule trébuche au ralenti sur la ciutadella.
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La belle figure triture son verre, le disque segmenté du citron, la menthe, accuse en plein midi l’amoralité de sa tâche. Le mojito est à mi-vie.
Doigts féminins autour du verre. Figure androgyne aux grandes ailes repliées. Une terrasse en plein Gracia.
« On me demande parfois d’emmener des personnes qui ne le méritent pas. Cette nuit encore, j’ai abattu des figures puissantes. Des démiurges. »
Personne ne remarque vraiment la créature, pas même nous. Elle nous demande :
« T’a-t-on déjà porté la responsabilité pour un acte terrible? »
On charge ces mains manucurées d’emporter les âmes. Par moment, les ailes sont en feu ou métalliques, impossible à déployer ici.
« Cette nuit, une ville lointaine et hors du temps, une cité de l’ancien bloc de l’est, a disparu par pans entiers. »
Elle dit :
« Des quartiers furent engloutis. Des brèches se sont ouvertes. Des tours et des jardins. »
Elle dit aussi :
« Je n’aime pas voir ce que je suis devenue. »
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La rue des prairies stoppait net devant la construction compacte en plein vingtième arrondissement.
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18/11/2011
par Daylon
Une jeune enfant, vêtue de jaune, dansait sur la route des canonniers.
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Lorsqu’enfin nous lui laissâmes l’initiative, la ville se défendit du mieux possible. Levant barricades et travaux, barrières DDE, tranchées aux trottoirs et, au-delà encore, la brique tassée par la géologie fine, rouge écorché, barrière métallique et fenêtres étrécies. La ville protégeait les jardins, l’oxygène et tout végétal, nous préférant dehors et sans abri, offert à l’aride bouleversement climatique.
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Les journaux s’abritent à l’ombre, perchés aux présentoirs ou plutôt : terrés dans les alcôves commerciales, de vieilles boutiques tenues par des mains du même age dans un semblant de fraîcheur.
Il est près de midi et les rues accusent une désertion générale, achalandage nul.
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Vous y trouverez illustrations, photographies, fictions et roughs en tout genre.
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