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Les matériaux crépitent. Des tuiles, des segments cylindriques d'aluminium; surtout le revêtement des façades. Ils témoignent de l'incandescence solaire. Des facettes brûlantes si on les touche, presque blanches, la combustion parfaite.
Nous avançons, exposés sur les ponts et ces routes venues ceinturer la ville. La ville nous domine, une créature mythique qui courbe tout autant l'échine que nous devant le jour. Gigantesque et pourtant humble, elle nous ramène à notre propre condition et nous ne préférons pas y penser, juste admirer la mise en valeur.
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Penchés sur les rambardes, à quelques mètres de la mâchoire blanche de la côte : nous longeons en rêve les contours d'écume, la limite des éléments. Nous imaginons les perspectives chamboulées ; nous échouons à la remettre en ordre comme on échoue devant ces jeux de reliefs qui nous trompent.
Nous aimons ça. Nous restons un long moment à considérer les vagues.
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Bien sûr qu'ils ont fui, déserté même, ils devraient être là mais n'ont pas demandé leur reste. Esplanade douchée ; essorée sous le vent ce jour-là vindicatif. Des vitres battues par la pluie et rendues illisibles. Ceux qui n'ont pu partir à temps se sont réfugiés à l'intérieur des bars, commandent cafés sur cafés et attendent.
Dehors : les palmiers ébouriffés, l'eau du large oblique et découpée. Le Prado sous la tempête
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Le môme se jetait à la poursuite du monde replié, du bout des doigts, conquérir le patatoïde des zones d'activités.
Course-poursuite dans une géométrie tordue, le lointain en close-up, les perspectives proches courbées à l'absurde.
L'horizon était sien, pour ce garçon, il mangera l'oxygène et l'azote, il prendra pied sur les terres déclarées siennes, ce géant oublié de la mise au point ; les points de fuite : multiples et fous.
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Drôle de sensation que les arcades répétées, les courbes régulières légèrement décalées par l'offset tellurique, la pierre travaille avec les siècles ; nous mêmes ne sommes pas droits, pas vraiment centrés. L'architecture ici pourrait être décomposée en motifs très simples, des éléments reproduits les uns dans les autres, récursifs malgré les nuances d'ocre et les plantes.
Nous cherchons les miroirs dissimulés, d'autres illusions dans les troués de ciel ; l'éclat blanc sur le décor en grande partie dépouillé d'ombres. La pierre.
Plus loin, invisibles ; et pourtant nous les entendons : d'autres touristes. Des curieux, des pas perdus. La cour d'un grand calme en contrebas ; personne n'en foule le gravier, la contourne pour les arcades.
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Filtré par l'azote, tiré vers des longueurs plus courtes : la vision de ce petit port encaissé dans la ville, à peine visible dans cette fausse pénombre ; dissimulé par le cadre ; par les viaducs de pierre pourrissant sur les éons ; les maisons basses postées devant la mer, les formes coupant le cadre de leurs tuiles.
Le petit port isolé de l'après-midi et les rayons aussi verticaux que possible.
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La proue immobile et le reste du bâtiment impose, le continent pris dans le plancher océanique et la mer pourtant offerte devant lui. Des promesses sans défiance, la Méditérannée patiente. Un jour ; oui, un jour, le bateau dont ne verra jamais les voiles traversera la mer.
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Un peu plus tôt, nous étions encore errants, flâneurs sans être perdus dans les tranchées dévalant l'Endoume. Le nez au Sud, à l'Est, le vent tiède, agréable ; nos pas nous emmenant comme les rues vers le contrebas et la Pointe Rouge.
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Le vieil homme l'interpelle de loin :
« Oh, toi voyageur, arrivé par la mer et échoué, falaises calcaires pour te retenir d'aller plus loin ; il est trop tard, oui, tu as fini de naviguer le feu dans le dos et le pied de la ville : il a freiné ton propre bâtiment. »
Le voyageur, pas tout à fait un marin, hésite, s'agite et déambule. d'un pied sur l'autre. Son expression est épuisée, perdue dans les flancs de terre promis aux dieux et de fait, des territoires marqués de ce terrible monochrome orange, les hauteurs.
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C'est aux murs des vieux quartiers qu'on les retrouve. La peau souple, plissée, organique, enroulée et suspendue au réseau électrique.
Des cocons où germent les choses futures, des monstres ou peut-être des héros, de futures créatures mythique que pour le moment les passants ignorent.
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