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De cette tempête qu’ils provoquent, des explosions, des cratères produits du duel, il demande : de quel droit te réclames-tu humaine ? Il connait les slogans, il a étudié les cultures ; des jours de quarantaine pour un embryon software à s’imprégner de l’ennemi. De quel droit ?
Il enrage : l’alliance des nations autoproclamées natives, humaines, nations tout aussi hybrides leur jetant au visage le mépris hypocrite. “Monstres artificiels”, pouvaient-ils cracher. Les invectives. Les discours à réduire des frères d’évolution en simple dégénérescence, en misérable raté. De toutes les créatures, se dit-il en pressant l’aine de sa partenaire, je préfère demeurer l’unique hybride.
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Elle s’arque, tire sur le membre qui l’empale, cherche une seconde à le briser ; elle détend une jambe qui vient frapper son amant en pleine face, il trébuche. Elle retrouve le sol que pour mieux sauter, dominer l’homme à hauteur d’homme, lancer le poing sur le regard hébété. Il trébuche, elle bat en brèche. Des gouttelettes de substance sont projetées à chaque coup et croisent sa route, bouche ouverte, bouche avide ; les liquides inconnus qu’elle absorbe, nectars.
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Elle le saisit à pleine bouche, ses dents raclent et se retiennent de mordre, une main sous l’aine. La viande manufacturée en elle : il gémit quand il abandonne cette nouvelle nourriture, crue sous le palais, vivante, la chaleur concentrée à son extrémité ; il enfle encore. Elle pourrait le tuer tout de suite, le porter à ébullition pour une jouissance hémorragique.
Elle refoule cette perspective séduisante, son propre corps désire malgré elle. Dans tous les fluides : les clés de sa rémission. Elle garde les yeux ouverts malgré l’horizon limité du bas ventre. Les mains du mecha s’agrippent à sa tête, pressent les tempes ou la nuque, la blessent.
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Quant à nous, observateurs, derniers hommes, nous : peu importe si nous foulons le passé ou le futur.
Les villes s’étirent encore sur les côtes irradiées, s’entourent de mer aux eaux blanches, autrefois bleues et aujourd’hui troubles des cendres et du plâtre. Les rivages souillés des peaux composites. Plus loin sur les lignes balnéaires : les tours creuses, les tours décapitées, éventrées par les bombes. Ces villes, nous pouvons les reconnaître, en lire le filigrane des plans d’urbanisme.
Nous reconnaissons les grands axes routiers malgré ces déguisements brouillons, ces maquillages de fissures et de cicatrices ; les matériaux fondus par les étoiles tombées du ciel, épanouies au nez du dernier étage des missiles à longue portée. Les jardins d’enfants déserts, les jeux tordus par le souffle et la chaleur. Des milliers d’étoiles.
Observateurs impatients, oui, nous arrivons pourtant trop tard : nous ne suivrons que le dernier acte, l’épilogue des récits épiques, l’épilogue comme épitaphe des nations déchirées. Nous aurions tant voulu savoir sans même prendre le temps de contempler le tableau, tout savoir sans le moindre effort. Nous ouvrons grand la bouche, comme cet homme, comme cette femme. Nous attendons immobiles que la semence jaillisse malgré notre fainéantise.
N’avons-nous pas honte ?
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