Ils profitent de la nuit pour déconstruire. Toute la ville, ils en font tomber les murs, soulèvent le pavé de sous le bitume, érodent la pierre et noient toute circulation dans le non sens.
Les feux ne clignotent plus que par leur propre caprice, les devantures se dépouillent au profit de couleur en à-plat, n'importe laquelle, la ville change.
C'est une idée innatendue en ces périodes de fêtes ; "saugrenue", ajoute quelqu'un, un anonyme. D'habitude, la fantaisie est cadrée, contrôlée, nomenclaturée sur catalogue. Les enfants encore debouts à cette heure s'en amusent, les parents hésitent. On modifie les limites des travaux routiers, d'autres peignent des histoires courtes sur les murs. Des inconnus arrivent de chaque ruelle et se réunissent spontanément pour construire des châteaux de sable à la lumière du métropolitain. Le rire timide d'une jeune femme dans les bras d'une ombre transie par le froid.
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L'île habitée.
Commentaires :
pfff, mais arrête de tout casser !