Elle s’arque, tire sur le membre qui l’empale, cherche une seconde à le briser ; elle détend une jambe qui vient frapper son amant en pleine face, il trébuche. Elle retrouve le sol que pour mieux sauter, dominer l’homme à hauteur d’homme, lancer le poing sur le regard hébété. Il trébuche, elle bat en brèche. Des gouttelettes de substance sont projetées à chaque coup et croisent sa route, bouche ouverte, bouche avide ; les liquides inconnus qu’elle absorbe, nectars.
Victime. Meurtrière, elle se sait néanmoins victime, pion du crescendo des armes. Elle se sait tout autant complice, la main vengeresse qu’aucun procès ne jugera. Dans l’oubli, ces génocides accomplis à elle seule.
Elle le frappe sous le plastron, creuse la carapace d’un impact parfaitement net. Elle voit son compagnon projeté en arrière pour percuter la carcasse d’un immeuble abattu.
Elle goûte son titre, son rang de princesse parvenue ; non : une reine. Abomination du département R&D, elle est reine, le voit-il ?
Sur le réseau organique, répandu en convulsions biochimiques, elle jure, elle proclame : je ne te laisserai pas emporter ce royaume.
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