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_ 28/09/2007
_ in Reviews
_ par Daylon

Une brève histoire des morts

Une brève histoire des morts - Kevin Brockmeier

Alors, oui, autant stopper le suspens tout de suite : si j'ai lu ce livre, c'est (à la base) uniquement pour son packaging. Lettrage moderne de bon goût, encre bleue brillante classieuse, photo de AAAH Trent AAAHH Parke pour l'illustration (Trent Parke étant quand même un sacré monsieur de l'agence Magnum).
Bref.
Je me suis dis : "au pire, c'est de la merde, mais ce sera un fucking objet de déco dans la bibliothèque".

Et, en fait, « Une brève histoire des morts » est carrément un bon roman.
Le monde est bien fait.

Une brève histoire des morts (couverture)

Titre : Une brève histoire des morts
Auteur : Kevin BROCKMEIER
Éditeur : Panama
Année : Septembre 2007

Dès les premières pages, il est évident que l'humanité est sur le point de disparaître. Peut-être est-il même possible que tous aient disparus, à l'exception de cette scientifique junior abandonnée dans une station à demi en panne, en plein milieu de l'Antarctique. Laura Byrd, perdue, coupée du monde, sans ressources, condamnée à survivre le temps qu'elle pourra.
Mais ce qui nous intéresse, ce qui nous intéresse vraiment, c'est le monde des morts.
Au royaume des morts, la ville se dépeuple de ses corps. Autrefois dense et active, elle n'est maintenant arpentée que par quelques milliers de défunts.

Au-delà (ahah) (blague) de la maquette, il faut bien avouer qu'aujourd'hui, les bouquins de sf un tant soit peu rafraîchissants apparaissent dans les rayonnages du mainstream. Mix plutôt cavalier d'anticipation (légère) et de fantastique (bien appuyé), ce Brockmeier nous sert une sauce inhabituelle qui a l'agréable avantage de prendre. Enfin. L'auteur n'est pas non plus le premier à le faire ; juste que ces auteurs sont encore trop rares (je pense à Mitchell & co) et généralement anglo-saxons (la vague contemporaine, tout ça).

Bref, le livre. « Une brève histoire des morts » est chouette. Ce n'est pas un Grand Roman. Ce n'est pas le roman qui vous retournera, vous marquera à vie et vous donnera une envie irrépressible d'acheter des fleurs. Non. Ce roman est juste un bon roman, un roman agréable, un roman qui nettoie les idées noires, en alternant le récit de Laura Byrd en Antarctique et celui du monde des morts ; ce dernier monde étant un univers tout ce qui nous semblerait de plus normal si on ne parlait pas de fantastique. Les gens qui l'habitent vivent, travaillent, s'activent. Normal, donc.
Et, au fil des pages, l'auteur distille des brides de souvenirs, des morceaux choisis de différentes vies.
Brockmeier se sert de ces souvenirs pour les enfiler comme des perles, comme un album photo, où les Grands Moments seraient écartés au profit d'événements anodins ; de détails.

Fans dégénérés de Jeter, passez votre chemin :
C'est un roman optimiste. Point de cris et de douleur inutiles, pas de pathos post-adolescent à tendance proto-goth mal-dans-sa-peau (t'as vu).
« Une brève histoire des morts » est une énumération de notes douces où l'équipée de Laura Byrd en Antarctique ne représente que des intermèdes, une simple unité de temps. Je serai tenté de vous décrire le roman comme une longue épitaphe de l'espèce humaine, mais ce serai vous mentir.

Brockmeier est un roman frais, gorgé de soleil. Un machin parfait en ces heures automnales.

N'empêche.
Ils ont du goût, chez Panama.

Beaucoup de sociétés africaines répartissent les humains en trois catégories [...]

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