Archives
Cela commence par une pause terrasse. Le soleil nous a pris par surprise : des journées plus longues et la Terre inclinée de manière à recevoir le maximum de rayons. Amon nous écrase et nous épuise, nous pousse à nous abriter sous quelque ombre en plein flot de promeneurs. Un bistrot au hasard.
Cela commence par des commandes et une chaise manquante, chaises bancales sur le pavé de Montmartre.
Il est là. L'artiste cliché et attrape-touristes, c'est à dire pauvre et aviné. C'est un séducteur maladroit et distrait, pourtant très sûr de lui. On le devine contemplant sa propre malédiction au fond des bières. L'art, l'art... On le voit se prendre la tête des mains, le nez penché sur des planches raisin parfaitement vierges, les coins des paumes maculés de pointe grasse.
Le portraitiste ne peut se retenir de recruter par la contrainte ses nouveaux modèles, il tente des ruses de vieux renard presque borgne ; tout est dans les poses et les gestes, tout est faussé de maladresse et d'alcool. L'odeur du tabac, aussi, puissante dans cette haleine.
Il est ici, il demande encore, nous refusons, il insiste et nous refusons encore.
Et, à force de réclamer nos visages, je cède et guette à mon tour ses postures maniérées, c'est un artiste voyez-vous ; j'attends mon heure entre deux gorgées fraîches, je patiente, jusqu'au moment idéal. Je capture son âme.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Des détails pittoresques de part et d'autre de la trouée de lumière, midi : la doucereuse sensation de parcourir une rue ancienne, le pavé, ce vélo à l'ombre et la chaîne, des toiles tendues, l'odeur des produits locaux, des pancartes et des palettes laissées vides au pied des portes de services. Quelques touristes.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Un gros loup dessiné dans le métro.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
De l'échapatoire, ils n'en gardent que des légendes urbaines : des fenêtres sur la façade Est, des couloirs dont on n'accède que par des moyens détournés. Les murs trichent.
Ils ne réalisent pas la possibilité de sortir : quitter les bureaux et les fichiers excel, les réunions marketing, les contrôles de gestions...
Ils ignorent les couloirs moquetetés, rouges, peut-être bleus comme ces façades, les services aux intitulés imprononçables donnant sur le monde extérieur.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
On y a commémoré d'anciennes batailles et aujourd'hui les enfants, incités par l'écrasante chaleur, l'inattendue ; ils en traversent l'esplanade en courant, ce monument, ils en ouvrent les vannes, laissent les geysers éructer et tremper nos vêtements.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (un commentaire)
Le navire transperce la ville et paraît infaillible : la proue brise les façades, les gens fuient, les tuiles tombent des inceberg d'ocre ; il trace de nouvelle routes, de nouveaux modes de vie.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Comme des plantes, elles ont rampé jusqu'ici, des murs aux toits, serrées, droites : des orgues élevées loin des regards et bien au-dessus des hommes.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (un commentaire)
Les matériaux crépitent. Des tuiles, des segments cylindriques d'aluminium; surtout le revêtement des façades. Ils témoignent de l'incandescence solaire. Des facettes brûlantes si on les touche, presque blanches, la combustion parfaite.
Nous avançons, exposés sur les ponts et ces routes venues ceinturer la ville. La ville nous domine, une créature mythique qui courbe tout autant l'échine que nous devant le jour. Gigantesque et pourtant humble, elle nous ramène à notre propre condition et nous ne préférons pas y penser, juste admirer la mise en valeur.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Première planche, rough. Projet en cours ; Icha + Daylon (ainsi que Lasth en consultant, design et storyboard).
D'autres essais sont à consulter ici.
Retrouvez l'intégralité du projet Promenade dans les jardins d'Abondance en cliquant sur le tag associé.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Penchés sur les rambardes, à quelques mètres de la mâchoire blanche de la côte : nous longeons en rêve les contours d'écume, la limite des éléments. Nous imaginons les perspectives chamboulées ; nous échouons à la remettre en ordre comme on échoue devant ces jeux de reliefs qui nous trompent.
Nous aimons ça. Nous restons un long moment à considérer les vagues.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Bien sûr qu'ils ont fui, déserté même, ils devraient être là mais n'ont pas demandé leur reste. Esplanade douchée ; essorée sous le vent ce jour-là vindicatif. Des vitres battues par la pluie et rendues illisibles. Ceux qui n'ont pu partir à temps se sont réfugiés à l'intérieur des bars, commandent cafés sur cafés et attendent.
Dehors : les palmiers ébouriffés, l'eau du large oblique et découpée. Le Prado sous la tempête
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Le môme se jetait à la poursuite du monde replié, du bout des doigts, conquérir le patatoïde des zones d'activités.
Course-poursuite dans une géométrie tordue, le lointain en close-up, les perspectives proches courbées à l'absurde.
L'horizon était sien, pour ce garçon, il mangera l'oxygène et l'azote, il prendra pied sur les terres déclarées siennes, ce géant oublié de la mise au point ; les points de fuite : multiples et fous.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (2 commentaires)
Le bouquet, nous dit-on, entre en dilatation, l'expansion d'une nébuleuse blanche sur les distances astronomiques, pas si astronomiques que ça. La naissance d'étoiles tout de même entre les pétales, l'odeur agréable. Le phénomène trône au centre de l'arrière-cour, protégé, dans cet espace inexploré du monde.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
« Cela nous paraît bien gris et très sombre. »
Il parlait, il parlait beaucoup ; de ce qui se profilait devant, le futur, tout devant et autour de ce que nous pensions coulé dans le béton. Nos certitudes.
Sur un écriteau, il est écrit : "baignade interdite". Interdite ou seulement dangereuse. Nous avons peur ; et pourtant, l'élément liquide et la vue sous-exposée nous fascine.
« ... C'est une drogue. Ou une force qui nous pousse en avant. »
Vers l'eau, les molécules organisées aléatoirement et lissées sous le vent ; l'infinité du possible en rouleaux souples et le sel.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (un commentaire)
Ouvert. Impérieux, même depuis le sol; les feuilles signent la radiance, des coeurs flamboyants tous pétales dehors et la vue d'un tableau presque solaire.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Nous pourrions dire "ce jour-là" mais ce serait faux : la scène est hors du temps, stabilisée et calme, cohérente de ses couleurs. Nous pourrions parler d'une composition ancienne mais les éléments qui la structure trahissent une époque, renient du moins tout ce qui les précède ; ils fixent un point et des vies autour d'eux, se cristallisent avant de trouver le repos.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Drôle de sensation que les arcades répétées, les courbes régulières légèrement décalées par l'offset tellurique, la pierre travaille avec les siècles ; nous mêmes ne sommes pas droits, pas vraiment centrés. L'architecture ici pourrait être décomposée en motifs très simples, des éléments reproduits les uns dans les autres, récursifs malgré les nuances d'ocre et les plantes.
Nous cherchons les miroirs dissimulés, d'autres illusions dans les troués de ciel ; l'éclat blanc sur le décor en grande partie dépouillé d'ombres. La pierre.
Plus loin, invisibles ; et pourtant nous les entendons : d'autres touristes. Des curieux, des pas perdus. La cour d'un grand calme en contrebas ; personne n'en foule le gravier, la contourne pour les arcades.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (un commentaire)
À une échelle réduite, il s'étonne : oubliés, la promenade, les bateaux de plaisance, l'atmosphère vierge. Il y voit des pistes d'atterrissage, des codes peints en lettres géantes pour les plus lourds que l'air. Des espaces abstraits.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Filtré par l'azote, tiré vers des longueurs plus courtes : la vision de ce petit port encaissé dans la ville, à peine visible dans cette fausse pénombre ; dissimulé par le cadre ; par les viaducs de pierre pourrissant sur les éons ; les maisons basses postées devant la mer, les formes coupant le cadre de leurs tuiles.
Le petit port isolé de l'après-midi et les rayons aussi verticaux que possible.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Ce site est une création permanente, alimentée par Daylon & Lasth.
Vous y trouverez illustrations, photographies, fictions et roughs en tout genre.
This website is an on-going collective arty project, fed by two lazy curators.
We consider this as a notebook, an online deposit for random thoughts.
We mostly speak french, but also some other strange-looking languages too.

