Archives
La chaleur et les voyageurs pressés. Et ces faux airs baroques, les câbles, les lignes ; les couleurs qu'on n'attendait plus. Les grilles découpent des territoires plus petits aux nuances discrètes. L'orange et le jaune, la brique ; les hauteurs céruléennes reflétées dans le béton autrefois neutre. Une ville comme étrangère.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (un commentaire)

L'ensemble des éléments de ce projet sont disponibles à l'adresse suivante : moonmotel.fr/f10
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Le journal du matin dans un café hors de prix, première escale avant même le début du voyage et l'attente. Il se cale sur sa chaise dans un semblant de confort. Quant à elle : elle regarde, la piste éblouissante des escaliers de secours, les portes ouvertes sur un extérieur qu'ils préfèrent quitter.
À quelques mètres, ils s'ignorent, les voyageurs demeurent dans un espace chronométrique, une zone bien délimitée derrière le verre de la terasse ; on y aperçoit les quais en tranchées, les bagages si lourds tractés en urgence, les tableaux d'affichages, les murs diodes orangées.
Nouvelles du monde en page des sports, ce sont des minutes dilatées qui coulent au fond des tasses, le temps exotique, les viennoiseries craquantes avant le départ du train.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Plusieurs jours dans le silence et les amorces de fièvre avant de capter cette respiration lourde sur le réseau organique. Un réseau qu’elle croyait démantelé ; désormais entièrement habité d’une âme ennemie. Toutes ces pensées rien que pour elle. Des fantômes pour la hanter, des fantômes lubriques, des fantômes venus la malmener.
Sur le réseau : elle l’écoutait, il la trouva à son tour, elle le savait, il ne pouvait plus penser qu’à elle. Il proposait un pacte de survie unilatéral.
Il poussait, chahutait ; ses pensées étaient invasives, demeurées intactes, intenses malgré ces spores distendus par le voyage et les mutations. Elle dit : je lui étais ouverte sans mon consentement, il a occupé tout un espace que j’aurais préféré vide. Le viol de l’âme. Elle dit : tu te trompes, je n’avais aucune envie de survivre à cette guerre. Elle dit : j’ai passé des mois soumise à ta puanteur et j’aimerai te voir mourir sous mes mains.
L'ensemble des éléments de ce projet sont disponibles à l'adresse suivante : moonmotel.fr/f10
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)

L'ensemble des éléments de ce projet sont disponibles à l'adresse suivante : moonmotel.fr/f10
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Des spores portés par le vent. Des messages anciens ; plusieurs semaines à courir les plaines dévastées, sans but précis, sans même toucher le sol, diffusés avec l’espoir que certains paquets atteindraient leur destinataire.
Les spores mutaient, les blocs redondants se contredisaient, parvenaient à peine à former un choeur pour affirmer : tu n’es pas seul. Quelqu’un te cherche sans même te connaître. Quelqu’un. Tu n’es pas l’unique survivant. Des bras ennemis t’attendent.
L'ensemble des éléments de ce projet sont disponibles à l'adresse suivante : moonmotel.fr/f10
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)


L'ensemble des éléments de ce projet sont disponibles à l'adresse suivante : moonmotel.fr/f10
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (un commentaire)
J’ai passé des mois soumise à puanteur, pense-t-elle.
Ce n’était pas directement physique : elle fabriquait des souvenirs factices de poings fermés, des nuits à se débattre et à pleurer ; les échos de la pression douloureuse d’un corps massif errant à des centaines de kilomètres d’ici, la pression d’un corps angulaire contre son bassin, des bras devenus serres pour la piéger.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)

L'ensemble des éléments de ce projet sont disponibles à l'adresse suivante : moonmotel.fr/f10
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Bien sûr, il la brutalise. C’était écrit, ils le savaient.
Lorsqu’il se réceptionne dans son dos, il se colle à elle et cogne ; il la plaque au sol, une main sous la mâchoire : elle essaie de le mordre, elle siffle. En réponse, le réseau organique, le fongus où tous deux se connectent, il s’assombrit, se noie dans le bruit blanc.
Il frappe sous les côtes de la proie, repousse les caprices du signal pour essayer de voir clair, les spores explosent au contact de sa conscience.
Il la maintient au sol, elle se débat ; un genou pour ajourer ces cuisses, la main libre pour couvrir la chute des reins.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)

L'ensemble des éléments de ce projet sont disponibles à l'adresse suivante : moonmotel.fr/f10
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Si seulement elle pouvait lui écraser les côtes, elle le ferait ; elle essaie d’ailleurs, elle comprime de ses genoux les os blindés du monstre. Le sol se creuse sous eux, la roche explose. Et ses mains. Oui, ses mains ; ses mains cherchent la trachée de son compagnon, l’homme, le monstre.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
De la musique lo-fi peine à dépasser le muret, les renforts de béton. Du mauvais RnB crachotant, des voix sous autotunes invoquent des dieux que l'on imagine absents. À ce rythme, enrhumé, le manège tourne presque à vide ; deux jeunes enfants et les autres véhicules de plastique en pilote automatique.
Les voiles claquent au vent, les fanions sifflent. Les plages bétonnées sont froides, éloignées de toute chaleur par l'écume cumulus. Les couleurs désaturent et le manège en dernier ilot.
Les enfants s'apprêtent à partir, c'est leur dernier tour, les parents attendent déjà, à l'intérieur de la berline famiale.
Les riverains n'ont pas ouvert leurs fenêtres.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)

L'ensemble des éléments de ce projet sont disponibles à l'adresse suivante : moonmotel.fr/f10
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
La bouche contre d’autres lèvres, la chaleur de l’entrejambe, ces cuisses qui écrasent ses tempes. Il pourrait s’y fondre maintenant que les murs de l’intimité sont abattus.
La substance filandreuse du fongus s’insinue dès qu’il laisse un peu d’air infiltrer ; sur ses membres, tissée en parasite.
Au milieu de la cyprine, il goûte les débris d’un réseau usé quand pulsent dans les mailles actives les émotions de sa partenaire, projetées en différé, quelques secondes à peine. Il continue de goûter les fluides, voler la sève.
L'ensemble des éléments de ce projet sont disponibles à l'adresse suivante : moonmotel.fr/f10
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Les bateaux s'amarrent à l'abri du vent et des marées, l'eau verte. Par dizaines, cachés du large depuis ces canaux prolongés d'anciennes passes, un dédale vu des hauteurs. L'eau en étranges couleurs drainée des veines solides. Et les modestes bâtiments à leurs parois, en attente.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (3 commentaires)
Je suis vivant !
si, si ...
désolé pour l'absence, mais je viens de déménager dans le Nord (oui je sais, ca arrive ...) et j'avais plein de boulot en retard, etc ...
Enfin voilà donc une image pour EVE online, d'autres arriveront prochainement, malheureusement la plupart de mes autres travaux sont sous NDA.

+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)

L'ensemble des éléments de ce projet sont disponibles à l'adresse suivante : moonmotel.fr/f10
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Des cris de loin en loin, des échos, on s'appelle depuis les falaises de calcaire. Les galets durs sous les pieds, la vase épaisse creusée d'eau douce et de mer retirée.
Un couvercle d'orage, un plafond bleu presque violet ; au loin : embrasé par un soleil malade
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (4 commentaires)
Coucher avec l’ennemi. L’embrasser et l’étreindre, le presser contre ses seins : elle ne pouvait rêver pire humiliation.
Le connaître au degré de l’intime ne devait pas suffire. Tout savoir de lui : goûts, rêves, désirs, espoirs. Tout savoir et supporter ce fardeau, une croix pour laquelle on lui trace maintenant un chemin : fouler les pierres blessantes de ses pires pulsions, cet homme, de ses déviances ; affronter une sexualité en roue libre.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)


L'ensemble des éléments de ce projet sont disponibles à l'adresse suivante : moonmotel.fr/f10
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
La bouche contre d’autres lèvres, la chaleur de l’entrejambe, ces cuisses qui écrasent ses tempes. Il pourrait s’y fondre maintenant que les murs de l’intimité sont abattus.
La substance filandreuse du fongus s’insinue dès qu’il laisse un peu d’air infiltrer ; sur ses membres, tissée en parasite.
Au milieu de la cyprine, il goûte les débris d’un réseau usé quand pulsent dans les mailles actives les émotions de sa partenaire, projetées en différé, quelques secondes à peine.
Il continue de goûter les fluides, voler la sève.
L'ensemble des éléments de ce projet sont disponibles à l'adresse suivante : moonmotel.fr/f10
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Ce sont des marées régulières d'employés en costume-cravate, les uniformes serrés malgré la chaleur ; le bruit des talons contre la dalle. Le béton brûlant renvoie une odeur âcre.
Les tours de la Nomenklatura, grises, parfois bleues pour se confondre avec l'éternel été. Rues à peine abritée du Lutecia oriental.
Des sonneries de téléphones chantent des fenêtres laissées ouvertes, les claquements mécaniques des claviers, les annonces de service. Le midi, à nouveau le bruissement des cadres ; ils parlent peu, tous absordés par leur tâche, à servir les singes.
+ Lien permanent
+ Fil des commentaires (aucun commentaire)
Ce site est une création permanente, alimentée par Daylon & Lasth.
Vous y trouverez illustrations, photographies, fictions et roughs en tout genre.
This website is an on-going collective arty project, fed by two lazy curators.
We consider this as a notebook, an online deposit for random thoughts.
We mostly speak french, but also some other strange-looking languages too.

