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Un work in progress pour une illustration d'EVE Online

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Daylon + Michel Koch
Illustration réalisée pour le onzième volume de la Bibliothèque Rouge, aux Moutons Électriques, "Les nombreuses vies de Conan" (écrit par Simon Sanahujas), à paraître fin octobre.
Processus un peu particulier cette fois-ci, car il s'agit d'une création à quatre mains :
- Composition, formes abstraites, calibrage couleur final, vernis > Daylon
- Dessin, peinture numérique, retouches (fond / couleurs), matières > Michel Koch
Comme tous les volumes de la Bibliothèque Rouge parus à ce jour, il s'agit d'un 17x21cm (+14cm de rabat intérieur), quadichromie + vernis sélectif.
À voir :
la présentation de l'ouvrage par l'éditeur ;
D'autres informations sur Conan et Robert Howard peuvent être consultées sur le site Les Chroniques Nemediennes ;
Addendum 04/07 : retrouvez aussi l'illustration de l'essai Les nombreuses vies de Nero Wolfe.
Dirigez-vous vers la suite de l'article (le lien ci-après), pour voir l'intégralité de la couverture (première et quatrième, ainsi que leurs rabats respectifs).
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Plume me montre le bout de la rue, elle me saisit le poignet, sa main est un peu froide, ses yeux fixent le point chaud :
« C'est ici. Ça arrive. »
Ses lèvres frémissent, dessinent une crique avant d'ouvrir le rivage du sourire ; ses dents trop blanches qui émergent. Ses yeux se plissent, la joie se tisse de ces rides qu'elle déteste tant.
Une mèche tombe et barre le lac du petit jour dans ses yeux.
Plume me montre la naissance d'un foyer, les premiers battements du jour, l'aurore fragile. La rue monte et vient cueillir le soleil à son extrémité. Je n'ai pas besoin de le voir. Plume en est le miroir, le reflet fidèle, et elle ajoute :
« La glace va se rompre. Le bleu refluer sous les braises, les rayons viendront pilloner la ville, bientôt, oui, bientôt, et les derniers traits déviés, les fenêtres les réfléchiront vers l'asphalte et les rues ; les rues elles-mêmes prendront feu, un incendie de clarté et l'aube sera sur nous en un instant, nous serons là, à projeter de maigres reliquats de bleu sous nos pas. »
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Lorsqu'il découvre la feuille, la pièce est vide, la fenêtre ouverte. Il frissonne, elle n'est pas là, l'air nocturne balaie de fraîcheur la pièce. Tout est silencieux mais la feuille se débat et ses yeux saisissent :
Et les muses me parlaient encore /
À ces heures nocturnes où tu aspirais à d'autres chairs /
Plonger en des corps et goûter les sèves /
À ces heures où les songes me glissaient des messages /
En plein rêve /
Pendant ce temps, et /
Pendant ce temps, en pleine agonie, tu voles les rêves de fantômes /
L'air vibre, saturé d'autres missives /
Chimiques ; peu importe, tant que l'atmosphère est étanche /
... Alors, il étouffe la lettre, le papier s'écrase un peu entre ses doigts, des plis vont apparaître ; des lignes de failles croisant les mots. Il regarde par la fenêtre, la fenêtre grande ouverte sur la nuit, le balcon est désert, les rues s'épanouissent en étrange décor de fête.
Il la sait partie ; il n'ose dire “enfuie”. Non, elle ne s'est pas enfuie ; juste absentée, cachée. Elle passait par les escaliers lorsqu'il prenait l'ascenseur. Il l'a fait disparaître par sa simple intrusion.
Tant que l'atmosphère est étanche /
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Il est tard, si tard. Par l'ouverture portuaire, au-delà du ciel électronique : tout est noir, sombre, on ne distingue plus le large.
Les derniers langues nuageuses s'écrasent au bord du dôme, à la frontière de l'azur simulé. L'air frais suit les vagues nocturnes, pénètre Shangaï-II par les docks et lèche quelques blocs avant de s'éteindre dans la moiteur des générateurs thermiques.
Vanilla, lovée contre le parapet d'une haute tour, les fibres de sa traîne étales sur le toit, une étoile en négatif irradiant de faisceaux aux angles durs. Vanilla fixe les rues en contrebas, les rivières d'éclairages en fusion, les marécages électriques répondant au bleu du ciel. Vanilla est fatiguée, cherche dans la surenchère de lumière et de bruit le visage de Rio.
Elle le sait ici, quelque part, fuyant, à la poursuite de repères qu'elle même n'a su trouver. Vanilla le sent dans sa chair, sa chair mutante et il ne lui manque que ces yeux pour son sentir un regard humide, triste et gonflé d'espoir ; il ne lui manque qu'un regard humain pour voir Rio fendre les foules hébétées par les cocktails de drogues vintage, les revivals de poudres et de comprimés.
Vanilla se contracte encore un peu, voudrait repousser les murmures corrupteurs de l'IA, hésite encore à se jeter dans le vide pour rejoindre Rio. Vanilla, son corps humide reflétant parfois au milieu des marées noires quelque bleu du ciel.
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« Si tu veux mon avis, elle n'est pas nette. »
Je fais exceptionnellement le taxi pour une connaissance. Un ami. Les nouvelles du monde ne nous intéressent pas, les rotations fm nous emmerdent. Nous meublons comme nous pouvons.
« Je suis convaincu que Cendrillon était camée. Je veux dire : la meuf, elle a une vie de merde, un boulot de merde, elle n'a pas d'amis, on la brime, on la séquestre. Du genre à écrire de la fantasy en cachette. »
Insérer ici un recueillement.
« La nana, elle est obligée de se trouver un échappatoire. »
Je bifurque, change de file, m'insère dans des rues à trente.
« Limite, le LSD, elle le fait en homebrew. »
Nouveaux feux de croisement.
« Raide défoncée, je te dis. Pas étonnant qu'elle voit des légumes se transformer en limousines.
— Ou des rats danser la gigue.
— Ça doit taper, ça.
— De ?
— Le festnoz de souris. Limite plus classe que les lézards laquais. »
Midi frappe en plein visage : il me faut plisser les yeux pour distinguer l'éclat rouge. Les passants se découpent sur les flaques et les rigoles devenues incandescentes. Les passants se déplacent en ombres chinoises sur les passages cloutés. Je pense à Abbey Road.
« Le coup de la fille qui tripe sur les souris. Je veux dire...
— Ouais. Je vois. »
Je vois une jeune nana, les yeux grands ouverts, les pupilles tellement dilatées que tout doit lui paraître blanc, un blanc de film érotique ; je vois cette nana le nez collé sur les plinthes, à fixer des trous squattés par les rongeurs, à murmurer des choses gentilles, à susurrer des promesses inintelligibles.
« Déjà, on saura jamais si elle était grecque ou chinoise. Dans le film, elle est caucasienne.
— Il y a une petite différence de géographie.
— Et les drogues sont pas les mêmes. »
Demain, on apprendra aux gamins que Cendrillon se shootait au Monsieur Propre. Celui avec le parfum de lavande.
La lumière du jour est si forte : mes yeux pleurent, j'ai peur de paraître sentimental ; je baisse le pare-soleil.
« Bref. Cendrillon, c'était rien qu'une junkie. On aurait du s'en douter plus tôt. »
Je me permets de hocher la tête. Ce n'est pas faux. Je me prépare déjà à repasser une vitesse quand la logique nous frappe en plein visage :
« Ça n'explique toujours pas le coup de l'escarpin de vair.
— Oh. Ah. Je préfère même pas y penser. »
J'ai failli dire : pauvre petit écureuil. Je frissonne.
« Tiens. »
Comme une conclusion, le feu passe au vert ; nous sommes salués par un lilliputien de sang, tout de diodes vêtu ; et, ainsi, dans un mouvement ordonné, un ballet, une danse millimétrée de superproduction pour la jeunesse, tous les carrosses s'avancent sur la piste, toutes les citrouilles se rêvant plus belles et plus réelles que ses voisines, une foule de véhicules de location.
On évacue l'énigme du prince.
Quant à Cendrillon, well...
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Des petits traits. Ça faisait longtemps.
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Une illustration pour le site d'EVE online, fortement inspirée par le baron Harkonnen de Dune.
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Les promeneurs viennent goûter au rivage urbain, s'aventurent. Du rose aux joues, le pli de la bouche un peu plus prononcé et la peau plus chaude qu'aux dernières après-midis.
Un air indéfinissable, présent, distant, de gouaille ou de tendresse ; une musique : elle habille les quais et enveloppe les passants.
Et les notes tombent, jetées des fenêtres par partitions entières, dégringolent des façades, trébuchent au bord des quais puis ricochent, brisent la tranquillité de l'eau en rondes légères ; notes cristallines.
Une basse, peut-être, les accompagne, murmure dans le creux des oreilles et à la base du cou, sous le menton, glisse à l'échancrure des hauts ouverts.
D'amont en aval, les discours des cordes s'écoulent et flattent les promeneurs, en effleurant à leur passage ces chevilles découvertes et serrant un peu plus fort les tailles, passent et touchent, avant de s'éloigner à l'ombre du prochain pont.
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Bon ok c'est de la Fantasy, désolé je n'ai que ca en ce moment de montrable :p
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Cette fois, ça se précise : la maquette du premier tome du « Livre de toutes les heures » a été officialisée hier.
Dans cet article, rassemblés par votre groom, vous retrouverez les articles vf concernant l'édition française (logique) du roman de Hal Duncan, Vellum.
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Lorsque la panique saisit la foule, lorsqu'elle s'enfuit enfin, il est déjà trop tard.
Personne ne voit le monstre, la créature dans mon dos, collée contre mes vêtements, l'animal, c'est elle qui agit, la haine incarnée pour me désigner une route dont je n'ai pas voulu.
Les crocs sur ma gorge, enserre ma nuque et son souffle gelé glisse à la base de mon crâne.
La bête, élevée par les autres ; invoquée, si seulement c'était possible. Le monstre leur appartient, je suis le pantin. Guidé, pressé par la gueule qu'il me faut repousser, dont il me faut repousser la faim :
Dans la rue, les vitres explosent, les vitrines s'embrasent ; les billboards mutent, les appels au sexe se déforment, fondent puis coulent au sol en de dissonantes litanies infernales ; le monstre devient un nouveau centre de gravité : les véhicules à l'arrêt glissent sur le revêtement routier, leurs tôles s'écrasent, les matériaux se dissolvent avant de me toucher ; le béton craque, des blocs entiers sont arrachés des bâtiments les plus proches ; le ciel s'efface derrière les débris, je ferme les yeux, tente d'oublier les crocs sur ma nuque. Le monde s'effondre peu à peu, grince, se tord de douleur, je ne bouge plus, laisse agir la mécanique ordinaire de la misanthropie.
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Les rues ronronnent sans jamais reprendre leur respiration.
Les avenues en apnée alors que, sous elles, les bouches de métro recherche leur air, avalent les humains à défaut d'oxygène. L'aurore a surpris tout le monde.
Déjà, se développent les nuages d'aérosols autour des boulangeries, grossissent les piles de journaux gratuits préremplis; un battement de cœur et ce sont des invasions successives de passants déjà pressés; il est encore trop tôt.
La ville en accélération linéaire.
Un homme contemple la scène depuis sa fenêtre, se passe la main sur le visage. Les yeux accoutument à peine. Il s'éloigne, descend la poignée d'étages qui le sépare de la rue et, un instant avant de sortir à son tour, brise les cages des poésies microscopiques, les ouvre bien grand, libère les créatures colorées informes; l'air vibre, la journée commence et le bouclier gris de la traine se raye de bleu.
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