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eos350d
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Un refuge, un naufrage

Depuis des heures, les plaintes montent du cratère, s'élèvent, s'envolent et disparaissent sans que quiconque ne les remarque.
Des hommes sont déjà sur place, dissimulés sous l'anonymat de leurs combinaisons P4, s'animent dans la dépression basaltique ; blanc clinique sur un sang de roches à peine refroidi.
Les plaintes montent et derrière son cérulé pâle, le ciel demeure muet.

Ici : la pierre est chaude, encore rougeoyante par endroits, molle ; vient coller sous les semelles des combinaisons, tenter de retenir un instant ces hommes qui s'agitent autour de la créature, humaine, nue, rendue à demi aveugle par un choc cosmique.
« Oh, mon pauvre. »
La voix est rocailleuse, étouffée derrière le masque ; la voix se penche sur le tuurngaq.
« Oh, mon pauvre garçon. »

On sécurise le périmètre, des bandes de plastique jaune sont déroulées autour du cratère.
La voix derrière la combinaison tremble un peu, un dictaphone est allumé par réflexe pour recevoir les messages de l'autre monde.
« Tu savais que ça finirait comme ça, non ? »
La créature ; le tuurngaq, ne répond que par plaintes, par murmures douloureux, parfois cherche une position plus confortable dans l'épicentre du cratère, peu à peu piégé par le sarcophage de basalte.
« Tu étais sur le trajet d'une étoile filante. Ce n'est pas ta faute. »

Le tuurngaq tourne la tête, cherche à oublier tous les messages, les images et les événements, s'accrochent à la douleur et le cratère brûlant, tandis que les combinaisons préparent l'évacuation ; les anesthésiants et le caisson de quarantaine. Écouter, voler, pourquoi pas : les messages réfugiés dans le cœur de la créature naufragée. La toundra est muette.

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_ 24/04/2008
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_ 22/04/2008
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Croquis d'un paysage sur rouille

La poussière vole sur des lits de chaleur, d'épaisses tentures thermiques ; la poussière file, accélère dans la plaine, nous dépasse, raye au passage les outils, violente les tissus, s'écrase sur nos visages et nos yeux plissés.

Ici : les maisons abattues, les murs porteurs vaincus par la fatigue des ans ; le mortier survivant, gravé de messages illisibles, grêlé de poussière.

La plaine est rouge, s'autorise parfois des rivières orangées au milieu des ruines urbaines, au milieu des dunes de poussière.
Nous y avançons, apportons nos empreintes aussitôt éteintes par le vent et la mémoire impossible.

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_ 21/04/2008
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_ 17/04/2008
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Dopamine (un chant)

À demi nu[e], dans la chaleur électrique, dans ce décor d'une simplicité domestique que tu connais tant, décor apprivoisé qui te contemple, toi et ta chair prises dans l'appel sucré des images, des esthétiques.
Ton corps ploie, tes fesses glissent sur le parquet et les draps à terre, le tissu enroulé autour des bras et des jambes, autour du bassin ; ton corps protégé par cette veste d'aviateur roulée en boule ; tu fermes les yeux, te crispes un instant, refuses le plaisir, le retient à distance, les images et les couleurs sont partout, murmurent des promesses d'été et jurent sur les cieux gris de tes journées, derrière les volets, tes sens s'étendent, tous les parfums et les sons, tes paupières se plissent encore un peu, les images appuient contre le sinus et au bord du cartilage nasal ; tu te plies, geint, au sol, sur le parquet ; les murs gondolent, l'oxygène vole la saveur même du sucre, tu manques d'air et la douleur, la douleur vive et si amicale, si amicale, elle appuie ici, caresse, sur les centres du plaisir et le dos de tes mains ; le besoin pressant, la dope omniprésente dans tes centres nerveux, enrobant tes nerfs, attisée, brûlante, venue t'embraser de l'intérieur, la combustion par les tons et les mouvements, les cadres et les instants figés des images ; et ici : ici, la lumière d'une lampe, les ombres douces aux creux de tes reins, autour des épaules, souligner le cou, le grain de la peau, la dope et les couleurs, de formes en grande échappée dans tes veines, ton sang rencontre son point de fusion et la jouissance est si proche, l'information et les images, la beauté, l'expression pure des images chargées de sens, la jouissance des souvenirs et des fictions, la salive aux angles adoucis de ta bouche.

Alors, /

Tu lâches prise, toute la chambre se cabre, tout tombe en chute libre et l'infosphère te submerge enfin.

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_ 16/04/2008
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_ par Lasth
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_ 15/04/2008
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_ par Daylon

Intérieur jour, triple voie glacée

Par les vitres gelées débordent les paysages d'amertume, des nuages bordés d'aluminium, des herbes grillées et les bas-cotés de graviers rouges pris dans le rift autoroutier.
« Où sommes-nous ? »
Elle bouge, s'éveille juste après moi. Le tissu des sièges craque. Le tableau de bord scintille.
Elle effleure mon bras, sa peau est si froide ; je me dégage presque par réflexe et regrette ausitôt mon geste :
« Je sais pas. Sur la route. »
Je réfléchis.
« On était là, on avançait, il n'y avait pas d'obstacle et... »
La dynamique annihilée, l'autoroute devenu un étrange mausolée sous un jour pâle.

Je crois qu'elle me regarde, qu'elle me supplie de ses yeux clairs, ses yeux d'eau, de donner une véritable réponse.
Dehors, dans le silence :
Les lignes de véhicules piégés ; lignes soulignées de fractures ; fractures dessinées par les espaces vides, entre les tôles et les portes laissées ouvertes. Tous les éléments en voyage immobile sous une fine pellicule de permafrost.

« Ce serait pourtant si simple d'avancer. Je crois. »

Dans son souffle : de petites particules glacées, blanches, brillantes, à chaque expiration, sur ses soupirs et lorsqu'elle ouvre la bouche pour me réciter des mots que j'écoute à peine.

Tout est blanc, pris sous un gloss polaire. Une sculpture.
Nous aimerions bouger, fuir, aller au loin, mais le froid est partout, il est là, sous nos vêtements, aux jointures de nos mains, sur notre peau. Nous attendons.
« On passe notre vie à attendre. »

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_ 14/04/2008
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_ par Mime

Murder and Creation

Hop, plus tôt que prévu voilà une image toute chaude pour une chronique sur le site de EVE online.

EVE online - Murder and creation - by Michel Koch

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_ 13/04/2008
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_ par Mime

Padre

Je ne peux toujours pas montrer ce que je fais de mes journées (concept de décors pour du jeu vidéo) mais j'ai trouvé le temps de faire deux gribouillis en testant des nouvelles brush aujourd'hui :) Je devrais pouvoir poster d'autres images pour EVE online très bientôt.
padre - by michel koch

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_ 12/04/2008
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_ par Lasth
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_ 11/04/2008
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_ par Daylon

Enluminure (analogue)

L'aparté séparé du temps, séparé du monde et des chronologies.

La ville en ruine, annexée par l'humidité crépusculaire, froide, où des blocs préfabriqués craquent et tombent. Des quartiers entiers désertés. Les belligérants disparus. Le Monstre abandonné.

Ne reste plus que le soldat.
Avancer sur le dos de la créature qui sommeille, suivre le chemin des vertèbres et ne pas glisser ; le brouillard venu ramper aux flancs, à couvrir, à suivre les pas du soldat, avide, affamé.
Dans le clair-obscur dépouillé de couleurs, au loin, la voix de la Muse s'étiole, s'effondre peu à peu sous le bruit blanc. Des coupures, des boucles synthétiques.
Elle appelle. Ses phrases, ses suppliques ; elles se dissolvent dans la neige électronique. Le brouillard est partout.

Le soldat avance, sur le dos du Monstre ; sur le dos cendré encore chaud. Il avance, cherche un signe, la Neph, la voix de la Muse, quelqu'un.

Enluminure :
"I : le soldat"
"II : l'empereur"
"III : le monstre"
"IV : la Liberté"
"V : la muse"
"VI : la neph"

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_ 10/04/2008
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_ par Lasth

Samedi 19 avril: la Nuit du fantastique numéro 3 !!

Si vous habitez les alentours de Saint Etienne (rhone-alpes/auvergne), N'hesitez pas à venir passer une bonne soirée ciné.

lasth nuit du fantastique _ + Lien permanent + Fil des commentaires (5 commentaires)
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_ 09/04/2008
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_ par Lasth
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_ 07/04/2008
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_ par Lasth
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_ 05/04/2008
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_ par Daylon

Carbon copy

Elle étale les images. Des formes et des situations, définies par un ensemble de couleurs, des palettes, des scènes fixées sur papier mat. Moyen format.
Elle les pousse sur le parquet, nous sommes vautrés à terre, elle m'embrasse ; un fragment irréel déjà oublié ; elle passe un doigt sur mes lèvres, efface quelque chose. Un goût synthétique dissimulé dans le cosmétique.

Et elle me dit :
« Je cherche l'authenticité.
— Quelle authenticité ?
— Le vrai, le truc, le tout, quoi, merde ; tu sais pas ? »
Et [je] la regarde :
« Du tout. Sorry. »

Je touche un cliché. Elle me scrute, attentive :
« Il est là le problème.
— Elle est classe, cette tof, non ?
— Je suis piégée.
— Je vois pas.
— On voit que l'esthétique. Je n'arrive pas à... Merde. Je sais pas. Je n'y arrive pas.
— Je sais pas. Tu devrais être contente, non ? »
Je l'effleure ; elle se dérobe :
« Je sais pas. Putain. »

« L'idée, c'est que nous sommes piégés par nos sens. L'image ne suffit pas. »

À terre, les carrés 30x30 forment une mosaïque imprécise, un gaufrier incomplet où la case identique serait escamotée par un même texte. Le même. Toujours.
Elle se recroqueville de l'autre coté de la pièce. Je ne sais pas quoi faire. Elle s'entoure de ses bras, murmure :
« Toutes ces photos me crient dessus. Elle me crient / »
Carbon copy. Carbon copy.

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_ 04/04/2008
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_ par Lasth
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_ 03/04/2008
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_ par Lasth
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_ 01/04/2008
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_ par Lasth
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