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« C'est bizarre.
— C'est le titre. »
Un homme en costume se tortilla, un peu gêné, tandis que la voix du démonstrateur se perdait dans l'obscurité.
Il tombait des cordes mais la voix insistait pour lui montrer la projo tout de suite.
À l'allumage, l'homme en costume pensa fixer un film dos à l'écran, à fixer la source même de l'image, aveuglante. La nuit s'enfuit, la simulation gagna en espace.
Les gouttes traversaient une découpe sanguine, disparaissaient, vaporisées dans l'illusion.
Un monde vu dans un tunnel sans substance, les limites impossibles à cartographier : elles oscillaient avec la lumière, avec l'ombre, avec la puanteur et l'appel à la corruption. Le cliché d'un club, un peep-show, un lieu maquillé pour dissimuler le sol poisseux et les fausses argenteries devenues collantes.
Les lignes de fuite pliaient vers la danseuse. Habillée d'éclats rouges et de nuances cuivrées.
De violents flashs pourpres, du bruit, une reprise assourdissante d'un tube eurodance. Le bruit, plié et tordu dans les jeux de lumières.
La danseuse qui le regardait. Elle.
Tout autour, partout, les spots balayaient méthodiquement le club, appliqués à stériliser cet endroit de toute trace de civilisation, de normes ; les clients imaginaires passaient sous cette douche de décontamination, les règles dissoutes dans les flux brûlants.
Elle se balança, muscles tendus, sous le regard bovin des clients décérébrés.
Le type en costume recula, ne captait plus la réalité que par vue périphérique.
Elle approcha ; il recula encore. Ses mains tatônaient derrière lui. Un mur. Un cul de sac.
En face, le corps se baissait, rampait presque, la langue sifflant contre les dents, il n'y avait plus d'endroit où s'enfuir, la dernière strate de réalité c'était ce foutu mur ; la simulation appuyait contre sa peau, le club était partout, spotlights, pods, lapdances dans les vapeurs d'exudation et la main, cette main, la main de la danseuse, ses yeux noirs, le dos luisant et cette main qui se tendit et toucha la chemise, tira sur le tissu, agrippa et attira vers elle pour qu'enfin /
Le lieu vide. La pluie. Le froid.
« Crise d'angoisse ? »
Le type en costume se détendit, tituba, relâcha l'étreinte du mur. Il ne nota pas les marques de doigts sur le col de sa chemise, sur sa veste.
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Portrait de Karim Berrouka, réalisé durant le salon du livre 2008, à Paris.
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Lasth (line) + Daylon (remix / couleurs)
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L'après-midi n'est pas encore achevée. Denez frissonne.
Les nuages sont lourds, peignent une ambiance d'apocalypse au ralenti. Des nuages bleu de plomb ; provoquent les contrastes en révélant le blanc des façades, les feux de croisement automobiles, les vitrines.
Plus loin : la découpe des usines agro-alimentaires, leurs tôles laiteuses sur les ténèbres. Fuyant des chaudières, les colonnes de coton rampent sur une toile couverte d'acier.
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Un test de rendu, à partir d'un cliché pris au hasard, pour un prochain projet de couverture.
Il s'agira de murs, de pièces, de portes; des intérieurs annotés, des labyrinthes domestiques.
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G33ks, nerdz et autres ingénieurs en mal de frissons (et des vrais gens, aussi) étaient réunis, vendredi dernier, pour la dédicace de William Gibson à la librairie Scylla (75012). Quelques clichés.
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Flying Lotus / Tyler Pope (!!! - LCD Soundsystem) / Balil (Plaid)
Flyer réalisé pour la prochaine soirée organisée par le label anglais d'electronica.
Au menu : hip-hop robot-friendly et DJ sets cliquetants.
Ci-après : le verso ; ainsi qu'une première proposition, beaucoup plus « froide » et rapidement abandonnée.
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Il tapote le rebord de la tasse du dos de la cuillère, inflige une rythmique approximative.
« Qu'est-ce qu'on fait ? »
Sous la lumière d'une ampoule nue. Un bistrot dépouillé de toute décoration. Des murs blancs, un sol blanc. La clarté des tons révèle les traces de saletés, la crasse sous les pas, les reliquats graisseux.
Deux personnages, réfugiés par un temps de fin du monde.
L'eau maintient son staccato contre les fenêtres, goutte après goutte ; ses projectiles marquant leur impact de traînées lascives où s'impriment des diaporamas dissous de la réalité.
Ils se regardent, attendent qu'un sujet de conversion se dégage du silence ; contemplent encore un moment les vitres et la pluie. Les sillons.
En s'approchant suffisamment, peut-être y verraient-ils une circulation urbaine difforme, des silhouettes tordues et une rangée d'immeubles courbes ?
Dehors, la ville semble piégée sous un temps crépusculaire depuis des jours.
« Et dire qu'il doit faire jour, de l'autre coté. »
L'un des deux personnage tique. Étrange idée : faire jour du coté du darknet ?
« Erreur de nomenclature, j'imagine. »
L'autre coté. Au-delà du tout proche et aux pieds du distant.
La cuillère cesse son mouvement. Il lève la main, la cuillère suit l'envol, dessine une trajectoire en cloche :
« C'est compliqué. C'est un problème de temps, aussi. »
Et la pluie frappe, force, violente les carreaux, couvre presque les discussions au pied du zinc. Quelques retraités préparant leur pmu.
Arcs abstraits avec cette cuillère en proue.
L'autre personnage se redresse sur sa chaise ; appuie contre le dossier :
« Ça ne répond pas à ma question. »
Pour réponse : un maigre sourire. Il vide sa tasse d'un trait, se lève et lance :
« Partir. »
Il se passe la main dans les cheveux, cherche à rabattre une mèche qui n'existe pas.
« On ne peut plus faire grand chose, à ce stade. Conserver le silence et partir. »
Puis il plie sa veste sous le bras avant de traverser le mur et se dissoudre dans le mortier des briques.
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Le cavalier s'arrête sur une plaine de cendre. Le ciel éteint. Quelques flocons d'une neige polluée. La monture grogne un instant et se fige sous l'injonction de son compagnon humain, ses mécaniques au repos, les tissus synthétiques relâchés. Les sabots d'airain s'enfoncent dans le sol meuble. Des traces de pas dans les souvenirs d'une guerre passée.
Le cavalier lève la tête. Attend. Le cavalier sait qu'elle passera d'un instant à l'autre. Fébrile, sa main serre la bride du mecha.
[...]
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Désolé pour le manque de messages ces derniers temps, je bosse sur différents projets sous NDA, et je n'ai malheureusement pas le droit d'en montrer une miette. Pour patienter voilà une image rapide pour une fiction à paraitre sur le site d'EVE Online.

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Le jour dessine des obliques de safran dans le silence, les lieux abandonnés. Quelque crypte de savoirs et d'imaginaires.
Si les lattes du parquet grincent, ce sont les pages compressées ensemble qui craquent. Dans les rayonnages, les pages oubliées sous leur reliure ; le papier fossile.
La poussière s'agglomère, premier sédiment pour les futures strates de la lithosphère.
Des cimetières de papier, catalogués par collections entières.
Dehors, certains attendent patiemment la mort ; l'extinction : que l'odeur de l'encre disparaisse, qu'elle se fane et bleuisse. Que le papier blanc, humble ou fier sous son gloss, jaunisse et perde toute vie.
Dehors, certains attendent, vautours, fouiller entre les côtes des cadavres des livres, goûter une chair devenue cassante sur ces champs de bataille arides aux odeurs de cire.
Ces cimetières de papier.
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Rencontre-dédicace avec l'auteur Mélanie Fazi, à l'occasion de la double sortie de (la nouvelle édition) de Serpentine, ainsi que de (et tout à fait inédit) Notre dame aux écailles.
1.
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Oyez, oyez,
C'est en ce jour que le septième tome de la revue (semestrielle) Fiction débarque.
Si elle n'arrivera que dans les 10 prochains jours en librairie, elle est déjà disponible à la vente par correspondance (directement depuis le site des Moutons Électriques, donc).
Et, dans Fiction 7, vous retrouverez, outre un portfolio de Patrick Imbert, les 11 planches de Lasth que nous avions posté un peu plus tôt.
Cliquez sur l'image pour télécharger le pdf de la série « Le pouvoir irradiant ses mains » :
Format pdf. 5Mo, environ.
Joie et bonheur.
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Le Phobos gronde sans chercher, jamais, plus jamais, se respiration.
Sa peau sèche, craque ; sa chair tremble des chocs thermiques. La haine rampe entre les strates minérales d'information, charge les plaques tectoniques de haine, jusqu'à la saturation, l'écoeurement : des gouffres se creusent, des montagnes s'élèvent en accusations impénétrables.
Vanilla s'éveille. Son corps monstrueux en sueur.
Tremblante, désorientée dans ce lit de fibres bactériennes. De l'interface du Phobos, nouveau né, propageant sa haine en marée noire, en inondations toxiques.Les graines de la peur, plantées dans tout le réseau ; bientôt entre les organes internes des humains.
Elle sent le Mécanode à distance. Elle sent la peur du Mécanode jusqu'ici. Le Mécanode, sous terre, craignant soudain sa propre créature.
Vanilla contracte ses muscles, s'arrache des amarres du Phobos, retourne à la froide réalité.
Bientôt, à la vitesse chimique des hormones et des protéines, la civilisation vivra ce déluge en terres de Phobos.
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Ce site est une création permanente, alimentée par Daylon & Lasth.
Vous y trouverez illustrations, photographies, fictions et roughs en tout genre.
This website is an on-going collective arty project, fed by two lazy curators.
We consider this as a notebook, an online deposit for random thoughts.
We mostly speak french, but also some other strange-looking languages too.

