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_ 30/06/2007
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_ par Lasth
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_ par Daylon
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_ 29/06/2007
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_ par Daylon

Chirurgie dans l'isolement

Intérieur / Plante

Dehors : l'aube embrase le toit des maisons ; chauffe le zin à blanc, révèle les crevasses dans le béton.
Ici : ça sent la colle industrielle, le plastique. J'ai recouvert le plancher de grandes bâches noires ; un quadrillage déséquilibré de chatterton pour relier chaque morceau. J'ai repoussé les meubles. Je glisse en essayant de rejoindre l'autre extrémité de la pièce. Dernières toiles huileuses. J'arrache le scotch avec les dents. La sensation de grignoter des matériaux de chantier.
Le corps est au centre du salon. Son teint est si pâle ; elle est blanche, lunaire. Des lèvres violacées, bientôt bleues. Des yeux immenses, grands ouverts, pétrifiés dans la contemplation du néant. Le vide s'invite dans ses pupilles par marées noires.
Je monte encore le chauffage.

Dans les escaliers : une cavalcade.
On évacue l'immeuble ; tout le monde sait qu'il y a un danger. Je n'ai pas prêté attention aux alarmes : elles m'ont repéré ; ont identifié mon œuvre. Fuir ne résoudrait rien.
L'immeuble tremble sur sa base, le monde s'écroule et les pâles des hélicoptères résonnent dans ma tête. J'essaie de m'approcher au plus près du corps ; sors mes outils de leur emballage stérile. Le corps, le sien ; elle ne me prête aucune attention.
On me dit que l'immeuble est encerclé. On me dit que je ne peux rien y faire.
J'essaie d'éveiller une lueur d'intérêt mais elle m'ignore. Je sais que je dois intervenir pour comprendre ; ouvrir pour voir.

On me dit que j'ignore les conséquences de mes actes.
Je me suis barricadé. C'est ce que je leur réponds. Je leur dis : allez-vous-en.
Sous mes mains : les gants ; et sous le latex des gants : elle, inerte, attendant ma libération. Quelques éclaboussures de produits éjectés de flacons sans étiquettes constellent les bâches de gouttes parfaitement rondes. Je n'en peux plus du bruit au-dehors. L'odeur des produits industriels me vrille le crâne.
On me dit qu'il faut stopper tout ça maintenant, tout de suite, là, séance tenante. On me supplie.
Je leur réponds que j'agis pour le bien de tous.
Je leur dis aussi que je suis isolé.
Je leur dis qu'il est trop tard.

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_ 23/06/2007
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téléchargements
_ par Daylon

[Fiction 6] 23 Juin, un récit graphique

23 juin, un récit graphique - Daylon, in Fiction 6

Le voici enfin achevé, le portfolio prévu au sommaire du prochain numéro de Fiction.
La version présentée ici est la version compilée et quasi-définitive des notules postées ces derniers mois (les liens sont indiqués à la fin du billet). La maquette est à l'identique de ce qui sera présenté dans la revue.
J'aurai alors le plaisir de cotoyer Hannes Bok et une collab' de Greg Vezon & Laurent Queyssi.
Cliquez sur l'image ci-dessus ou le lien ci-dessous. Cela sort en septembre prochain et sachez que Fiction, c'est le bien. Oui.

Téléchargez "23 juin, un récit graphique" [fichier PDF ; 5mo environ]

Fiction, tome 6 : présentation
Le sommaire de la revue
Commander la revue en ligne. (parution : 21 septembre 2007)

Récapitulatif des notules :
"23 juin"
"La déconquête spatiale"
"Canaux urbains"
"Upskin"
"Cheap mods"
"Connectique"
"You posthuman !"
"Enceinte protectrice"

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_ 20/06/2007
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_ par Lasth
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_ 19/06/2007
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_ par Icha
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_ 17/06/2007
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_ 12/06/2007
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_ par Daylon

Enceinte protectrice

Parking Privé

« Je peux vous payer. Je peux vous donner quelque chose. »
L'homme fouille ses poches, en remue l'intérieur, les retourne presque pour ne sortir que de malheureuses pièces cuivrées. L'homme a le visage luisant de sueur, ses lèvres tremblent ; ses yeux cherchent des fantômes dans les entrées d'immeuble.
« Laissez-moi entrer avec vous. »
L'homme reste planté devant le véhicule. Ses paumes trop grasses barbouillent la carrosserie à chacune de ses suppliques. L'homme gesticule ; l'homme supplie. Son interlocuteur est mal à l'aise.

« S'il vous plaît. »
L'homme est le dernier obstacle entre le réseau de rues à l'abandon et l'enceinte protectrice du condominium.
« Ne me laissez pas tout seul. Pas dehors. »
L'homme est sur le point de pleurer. Son interlocuteur s'impatiente.
La nuit tombe.

Post-scriptum : série photographique pour Fiction, tome 6 (correctif > SEPTEMBRE 2007).
Voir : "You posthuman !"
Voir : "Connectique"
Voir : "La déconquête spatiale"
Voir : "23 juin"
Voir : "Cheap mods"
Voir : "Canaux urbains"
Voir : "Upskin"
Récapitulatif à venir, bientôt.

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_ 06/06/2007
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_ par Daylon

Les nombreuses vies de James Bond

Première de couverture d'un prochain volume des Bibliothèque Rouge, consacré au personnage de James Bond.
17*21cm, CMYK + vernis sélectif.

Bibliothèque Rouge : James Bond

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_ 03/06/2007
_
_ par Daylon

Chantier

Corps massifs des machines au repos, sous lumière rasante.

1.Terrassement, 1 - pelleteuse

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_ 01/06/2007
_
_ par Daylon

Upskin

Bruit de foule. Réverbération. Couloirs qui sentent trop le propre. Bataillons de publicités au garde-à-vous sous les voûtes de céramique. Baies aux blindages invisibles.
Chan délaisse la langueur des halles, échelle 1/50è et s'appuie à nouveau contre le mur :
« Je n'arriverai jamais à m'y faire. »
L'upskin déploie beautés fugitives et paysages phantasmés. On devine un soupir dans ces images reniant la mégapole.

upskin

Ryoo bascule dans son siège. Tout son corps participe à faire grincer le cuir :
« Nous sommes riches. C'est normal de revenir sur Terre, histoire leur bouffer le marché.
— Les humains ne nous aiment pas.
— Ça tombe bien. Moi non plus. »
Le mouvement d'une main parfaitement manucurée qui désigne la baie vitrée et au-delà : le monde.
« Ces gens sont vils, si tu veux mon avis. Mal dégrossis. Des singes. »
L'upskin devient vert. Devient bleu.
« Ils deviendront comme nous. Nous sommes là pour en finir avec l'apartheid. »
L'upskin se couvre de motifs complexes.

Chan se passe la main sur son crâne parfaitement lisse :
« Ce n'est pas une cause humanitaire, Ryoo.
— Ils ont du fric. On le leur prend. Ça me suffit. Aujourd'hui, ils envient notre condition. Ils veulent nous ressembler.
— C'est indécent d'être aussi riches.
— Oui, mais l'upskin, c'est ton idée, Chan. Ton idée. »

Ryoo se lève ; vérifie le col de sa chemise :
« Je sors. Je veux voir les humains m'envier. »
L'upskin affiche de la joie. Affiche de l'assurance. Affiche la puissance de la fortune nouvelle.

Post-scriptum : série photographique pour Fiction, tome 6 (novembre 2007).
Voir : "You posthuman !"
Voir : "Connectique"
Voir : "La déconquête spatiale"
Voir : "23 juin"
Voir : "Cheap mods"
Voir : "Canaux urbains"

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